À la veille de l’ouverture du Salon des entrepreneurs, le réseau #entreprendre2017 expose ses exigences aux candidats.

L’annonce des préconisations patronales est malignement calculée. À quelques mois de l’élection présidentielle et à la veille de l’ouverture du Salon des entrepreneurs, elles sont autant de perches que certains candidats déjà ciblés ne manqueront pas de saisir lors de leur visite dans les stands patronaux.

Réunis dans le collectif #entreprendre2017, le Medef, la CCI France, l’Union des autoentrepreneurs ou encore l’association 100 000 entrepreneurs ont donc dévoilé hier neuf propositions sur « l’amont de la dynamique entrepreneuriale, pour dynamiser l’envie d’entreprendre », a annoncé Thibault Lanxade, porte-parole du collectif et accessoirement vice-président du Medef.

Tout pour qu’aucun jeune ne passe entre les mailles du filet

Dans les premières d’entre elles, il est question de s’immiscer dès l’école pour « préparer les jeunes le plus tôt possible à l’entrepreneuriat », déclarait le porte-parole sur France Info le matin même. Le Medef et ses satellites préconisent ainsi de « donner tout au long de son cursus à chaque élève, étudiant, apprenti ou enseignant une éducation à la démarche entrepreneuriale et expérimentale », notamment en « accompagnant les professeurs sur les projets entrepreneuriaux », ajoute celui qui est également un des dirigeants de la société AlgoLinked. Et pour être sûr que la doctrine libérale imprègne bien les esprits des futurs citoyens, les programmes devraient commencer dès le primaire, avec notamment « des exercices faisant appel aux habiletés manuelles ».

Pour qu’aucun jeune ne passe entre les mailles du filet patronal, #entreprendre2017 répète sa volonté de « faire de l’apprentissage une voie de formation privilégiée pour la création et la reprise d’entreprise ». Et si les futures générations n’ont toujours pas intégré l’avenir d’entrepreneur qui leur est réservé, le collectif préconise d’attribuer automatiquement à chaque jeune pour son seizième anniversaire un numéro d’identification Siret, « pour simplifier les démarches ».

Dans l’objectif affiché, cher à Thibault Lanxade, de poursuivre le « formidable élan entrepreneurial en France qui est en train de se produire », le collectif choisit ses mots avec soin pour vanter les intérêts des « réseaux d’accompagnement ». En l’espèce, la suppression des « charges sociales » de la première année pour tout créateur ou repreneur d’entreprise à la condition qu’il ait intégré un réseau national d’accompagnement. Pour compléter le dispositif, le porte-parole de ce réseau de dirigeants ne veut plus entendre parler de la loi Hamon du 31 juillet 2014 qui oblige à informer les salariés du projet de cession quand l’entreprise compte moins de 50 employés. « Le processus doit être secret, pour ne pas déstabiliser les clients et les fournisseurs », croit-il.

Mais même si le représentant des patrons se défend de porter un jugement ou de faire de la politique, il confie qu’il y a des « programmes et des dynamiques intéressants », estimant que « le projet global que porte Emmanuel Macron (rejoint dernièrement par Didier Casas, directeur général adjoint de Bouygues Telecom – NDLR) va dans le bon sens ». Même appel du pied vers François Fillon dont il dit sans surprise trouver le programme « intéressant ». Mais sans évoquer le trouble actuel que provoquent les affaires concernant le candidat, susceptibles d’entacher sa légitimité.

 

Source : Humatiné