Les territoires ultramarins, par leur variété, leur nombre et la pluralité de leur implantation géographique constituent l’une des spécificités les plus marquantes et un atout majeur de la France.

Le fait de parler « des outre-mer » se veut la traduction de cette diversité. Quoi de commun en effet entre la Guyane, la Nouvelle-Calédonie et Saint-Pierre-et-Miquelon ? Il reste qu’il est possible de définir une communauté de caractéristiques, fruits de la géographie ou de l’Histoire, propres à renforcer le sentiment d’appartenance des territoires ultramarins à un même ensemble.

Les événements récents en Guyane doivent évidemment interpeller l’ensemble des décideurs politiques de notre pays mais aussi l’ensemble de la population. Nous appelons tout d’abord à un appel au calme et à la mise en place d’un dialogue apaisé et constructif afin de trouver des solutions pour sortir de cette crise qui est néfaste tant pour les populations locales que pour l’image de notre pays au niveau national et international.

Ces manifestations doivent nous faire réagir face l’exaspération et au sentiment de gâchis de l’énorme potentiel de nos territoires Ultra-Marin. Car oui, nos départements et territoires d’Outre-mer ont un taux de chômage alarmant, notamment chez les jeunes, une insécurité grandissante et des conflits sociaux récurrents. Mais ces territoires sont avant tout une magnifique opportunité de croissance pour notre pays.

Forts d’une démographie positive avec une jeunesse ne cherchant qu’à démontrer sa volonté de développer « son » territoire, une biodiversité incroyable ou encore un positionnement géographique stratégique pour la visibilité internationale de la France, les DOM COM et spécialement la Guyane aujourd’hui possèdent des atouts qui ont trop souvent été laissés sous cloche.

Mais pour transformer ces richesses énoncées en un potentiel de croissance, il faut tout d’abord créer un véritable choc pour la Guyane – ainsi que pour l’ensemble des territoires Outre-mer.

Qu’il soit sécuritaire avec le respect de la République et de l’état de droit ; économique avec la volonté de permettre aux énergies entrepreneuriales de se libérer et développer l’emploi local ; social avec le respect d’un service public pour tous et de même qualité que l’ensemble de notre pays ; ou encore législatif avec la prise en compte des spécificités de ces territoires pour assurer une croissance adéquate en fonction des besoins et des possibilités, ce choc doit permettre de renforcer et d’accentuer la prise en compte des Outre-mer comme de véritables richesses pour la France.

Mais toutes ces actions n’auront de sens sans il un dernier choc  : un choc d’amour, qui se traduira par des preuves d’amour pour tous nos concitoyens ultramarins. Je rêve d’un Erasmus ou chaque étudiant de métropole partirait étudier quelques mois dans les magnifiques universités, écoles de ces territoires. Une période qui leur permettrait de poser un regard neuf et dynamique sur ses joyaux bleus et verts. Ces étudiants reviendraient partout en France souffler un vent positif, riche d’un idéal ultramarin.

Et puisque cette campagne pour l’élection présidentielle invoque souvent l’Histoire de notre vivre ensemble, n’oublions pas notre histoire commune avec ces terres lointaines mais dont les populations ont toujours été si présentes lorsqu’il le fallait.

Une histoire faite de part d’ombre et de lumière. Le siècle des Lumières fertilisé par nos Antilles Guyane, qui ont largement inspiré la déclaration universelle des droits de l’homme. Les grandes figures de proue données à notre Nation : les Réunionnais Roland Garros, Paul Verges combattants de la première heure. Les Guyanais Félix Eboue, sans qui la France n’aurait pas été présente à la table des nations victorieuses, Gaston Monerville résistant, et Président du Sénat. Les Guadeloupéennes, premières françaises bâtonnier ou députée : Gerty Reach et Tell Eboue.

Alors, pour reprendre Aime Césaire, nos compatriotes ultra marins ne sont pas des Français entièrement à part, mais des Français entièrement à part entière.

Ne l’oublions jamais. Et aidons-les à exprimer pleinement les atouts qu’ils sont pour la France : par le rejet de la tentation mortifère du repli, mais par une ambition politique forte portée par une gouvernance renforcée et déterminée.

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