JE T’AIME, MOI NON PLUS – Marine Le Pen est reçue ce mardi par une douzaine d’organisations patronales, dont le Medef. Si elle compte bien défendre son programme économique, la probabilité de les convaincre de son bien-fondé est très loin d’être acquise. Explications.

 

Si les scores électoraux du FN ont fortement progressé ces dernières années, il reste néanmoins plusieurs catégories d’électeurs hermétiques au discours frontiste. Incontestablement, les patrons sont l’une d’elles. Dans un récent sondage Ifop, à la question : « Diriez-vous de Marine Le Pen qu’elle a des solutions pour sortir le pays de la crise ? », à peine 22% des dirigeants d’entreprise répondaient « oui », contre 37% des salariés et 38% des chômeurs.

Il faut dire que les accents parfois socialistes de Marine Le Pen font office de repoussoir pour les patrons. Et ce n’est pas ses mesures protectionnistes qui vont améliorer sa côté de popularité auprès d’eux. Cité par l’AFP, ce dirigeant d’une société industrielle de 300 salariés qui possède des filiales au Portugal et en Tunisie redoute ainsi un retour du franc et à son décrochage par rapport à l’euro en cas de victoire du FN en mai prochain. « On vit dans un contexte de stabilité monétaire assez favorable au développement industriel. Je noue des relations durables avec mes clients, et je ne peux pas me permettre d’avoir des variations de 30% des prix », explique-t-il. « Si on devait commencer à jouer des frontières, ma société n’y survivrait pas », craint-il.

Les patrons apeurés par l’abandon de l’euro

Depuis des mois, Marine Le Pen et ses conseillers économiques planchent donc sur un programme susceptible d’obtenir davantage les faveurs des dirigeants d’entreprises, en particulier des TPE/PME. A ce titre, elle souhaite alléger la complexité administrative et fiscale pesant sur elles, ainsi que leur faciliter l’accès au crédit. Elle propose également de leur réserver une partie des commandes publiques (si l’écart de prix est raisonnable).

Mais en dépit de ces mesures spécifiques, l’adhésion des patrons au programme du FN n’est pas au rendez-vous. Cela s’explique par l’une des mesures phares portées par Marine Le Pen depuis des années, à savoir l’abandon de l’euro. A lui seul, ce dessein paralyse les patrons. Selon un sondage effectué par OpinionWay le mois dernier auprès de 610 dirigeants d’entreprise pour le site internet Atlantico, 56% des patrons français estiment en effet ne pas pouvoir se passer de l’euro.

Les banquiers tentent de rassurer

Du coup, seules les petites entreprises qui n’exportent pas peuvent éventuellement tirer profit d’une victoire de Marine Le Pen. D’où la tentation pour Alexandra Frantz, dirigeante d’une société de quatre personnes spécialisée dans l’événementiel, de lui faire confiance. « Depuis 20 ans que je suis en entreprise, à chaque fois, on a été envahi un peu plus par la paperasse et les taxes. Je ne vois pas ce qui pourrait se passer de pire. Aujourd’hui on est sous le coup des impôts supplémentaires et on est acculés par les charges », souligne-t-elle à l’AFP.

A l’inverse, les dirigeants des banques sont les plus angoissés à l’idée de voir Marine Le Pen accéder à l’Élysée. D’après un récent article du Monde, le « Frexit » (la sortie de la France de l’UE) est aujourd’hui incontournable lors de leurs rencontres avec des investisseurs étrangers. Dans ces conditions, les banquiers  hexagonaux tentent tant bien que mal de les rassurer . « Nous expliquons que pour sortir de l’euro, il faudrait non seulement que Marine Le Pen l’emporte, mais aussi qu’elle ait une majorité, et ensuite que les Français votent oui à un référendum. Est-ce qu’il y a une chance que ça arrive ? Mathématiquement oui, comme une météorite peut, mathématiquement, frapper la Terre, raconte au Monde un cadre important d’une des principales banques françaises.

Un programme économique « extrêmement dangereux » pour le Medef

Quoi qu’il en soit, Marine Le Pen sera  reçue ce mardi par des entrepreneurs réunis par une douzaine d’organisations patronales, dont le Medef, pour débattre de son programme. Et l’accueil qui lui sera fait s’annonce guère chaleureux.

Lundi sur LCI, le vice-président du Medef en charge des TPE/PME, Thibault Lanxade a ainsi qualifié d' »extrêmement dangereux » le programme économique du FN et que les patrons ont bien l’intention de lui « démontrer ».

Source : LCI

 

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