« Dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, les chefs d’entreprise prennent position autour des candidats. Chacun cherchant à se placer, à coup de soutiens annoncés . »

« Ce qui est intéressant, c’est de regarder les deux candidats qui se distinguent visiblement par rapport aux autres. Et incontestablement, nous avons Emmanuel Macron et François Fillon « , indique Thibault Lanxade, le vice-président du Medef, en charge des TPE-PME. « Madame Le Pen et Monsieur Mélenchon sont des candidats des extrêmes, qui mettent à mal l’Europe, et qui effraient les patrons. Quant à Benoît Hamon, il a un programme qui est totalement utopique, et il l’a démontré pendant la campagne. »

« Ce que nous avons regardé, ce sont les programmes des deux candidats leaders – Emmanuel Macron et François Fillon – et là, incontestablement, nous avons des programmes qui convergent vers les entreprises, qui sont dans la bonne direction. Alors, il y a des subtilités », pointe M. Lanxade. Au Medef, les discussions de couloirs « sont assez équilibrées « . Mais révèlent un engagement plus fort des membres par rapport aux précédents scrutins présidentiels.

 

Réforme de l’assurance-chômage

En cause, le resserrement dans les sondages entre les quatre principaux candidats, qui se trouvent parfois dans la marge d’erreur. « C’est plus engagé. D’abord, parce qu’il y a une menace d’un deuxième tour qui mette en opposition deux personnalités des extrêmes. (…) Et puis, c’est une campagne différente dans le sens où nous avons été un peu « spoliés » sur le programme économique, et donc les entrepreneurs se sentent un peu plus mobilisés parce qu’on n’en a pas suffisamment parlé », insiste le vice-président du Medef.

Lors de l’émission, Thibault Lanxade revient également sur les programmes des deux candidats d’En Marche ! et du parti Les Républicains. En particulier sur le régime social des indépendants (Macron veut le supprimer, Fillon le transformer) et sur la proposition du candidat d’En Marche d’ouvrir les droits à l’assurance-chômage aux travailleurs indépendants et aux salariés démissionnaires après 5 ans d’activité. « Je crois que c’est une bonne chose. Je pense que reprendre la main lorsqu’on est l’Etat sur l’assurance-chômage, qu’on est responsable des politiques de l’emploi (…) qui est garant de la dette de l’assurance-chômage n’est pas une mauvaise chose », selon Thibault Lanxade.

Une position que tranche avec celle d’Alexandre Saubot, lui aussi vice-président du Medef, en charge du pôle social, qui fut en tête des négociations sur la réforme de l’Unédic conclue fin-marsentre les partenaires sociaux. Reçu dans l’émission « L’Invité des Echos  » il y a quelques jours, ce dernier déclarait que « le nouveau président de la République fera ce qu’il veut avec cette délégation [de la gestion de l’Unédic aux partenaires sociaux, NDLR] mais je pense qu’elle est bonne et qu’elle sera maintenue. « . Décidément , la bataille pour la succession à Pierre Gattaza bel et bien commencé.

Extrait – « Le Pen et Mélenchon effraient les patrons »

Extrait – Que l’Etat reprenne la main sur l’Unédic « n’est pas une mauvaise chose »

Extrait – « La flexibilité, c’est ce qui nous manque aujourd’hui »

 

Source : Les Echos

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